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L’éducation prioritaire, un dispositif qui « ne marche pas »

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Pour lutter contre les inégalités sociales et scolaires au sein de l’école, particulièrement prononcées en France, les gouvernements successifs s’appuient depuis plus de 30 ans sur l’éducation prioritaire. Mais le dispositif « ne marche pas », estime un rapport publié hier par le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco),
        « Pourquoi la France est devenue le pays le plus inégalitaire de l’OCDE »,avec une accentuation du phénomène depuis le début des années 2000,  soulignent les études nationales et internationales, « Le poids de l’origine sociale des élèves sur leur réussite scolaire est bien plus important chez nous que chez nos voisins comparables, et (ce poids) s’est aggravé sur un temps très court »,
        Le Cnesco a surtout étudié « les effets pervers » de l’éducation prioritaire, mise en place il y a plus de 35 ans pour aider les établissements. Parmi les effets pervers, la stigmatisation des établissements classés en éducation prioritaire, avec le départ des familles les plus favorisées,  « Au lieu de lutter contre la ségrégation, on dit qu’on donne plus de moyens, manière de la rendre plus acceptable moralement », 
        Les établissements en éducation prioritaire (dont le label a changé au cours des années, actuellement REP ou REP+) bénéficient certes de moyens supplémentaires, mais qui ne suffisent pas à créer une véritable différence. Ainsi, les classes ne comptent en moyenne que deux élèves de moins que dans les établissements classiques. A l’inverse, les élèves, souvent défavorisés, de ces écoles et collèges ont des temps d’enseignement plus courts (à cause de problèmes de discipline), des enseignants moins expérimentés, davantage de non-titulaires (contractuels non formés), un climat scolaire moins favorable et un entourage de « pairs » peu porteur.
        Cette politique de compensation qu’est l’éducation prioritaire ne renforce pas « les dimensions cruciales dans les apprentissages des élèves, tels que le temps d’enseignement, leur expérience, la qualité des méthodes pédagogiques, etc. « On a  des preuves que ça ne marche pas mais on continue. Les pays qui avaient adopté ce dispositif l’ont tous abandonné, car ses effets pervers sont plus nombreux que les effets positifs»,
        Le rapport rappelle que des politiques volontaristes ont été menées, par exemple dans l’Etat du Massachusetts aux Etats-Unis, où le choix des parents est encadré afin qu’aucune école ne dépasse plus de 15 % de taux d’élèves défavorisés.

Publié dans « MaireInfo » du 27 septembre 2016

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